Séjour Tourisme à BITCHE du 13 au 20 Septembre 2025 (2)
par Monique et Jean-Jacques
Le mardi matin, nous partons avec Roland, qui va nous présenter le pays du verre et du cristal, dont Cédric nous a dit quelques mots. Nous visiterons un autre jour le site verrier Meisenthal, aujourd’hui ce sera le dernier artisan-graveur du village de Lemberg. L’activité était florissante autrefois, beaucoup de sites prestigieux ont fermé, à la manufacture de Saint-Louis-les-Bitche, qui date du XVIII ème, un verre à pied de couleur vaut 300 euros, un vase peut valoir 25 000 euros. Les verres Lalique sont encore plus chers…
Nous arrivons chez l’artisan, dans une petite maison où le magasin est plein de verres gravés, et l’atelier, au dessous, a machines et établi de gravure. Le graveur grave des motifs floraux sur une carafe, avec une sûreté du geste et un savoir-faire remarquable, tout en nous donnant des explications avec sympathie. Il a commencé son métier en usine à 14 ans, s’est mis à son compte en 1963. On peut faire graver un nom sur un verre, il le fait volontiers et rapidement.
Dans le village, il y a un monument en hommage aux verriers. C’est l’occasion d’évoquer l’histoire de la boule de Noël. Il se dit qu’on accrochait au sapin de Noël des fruits, et en 1858, l’hiver avait été long et froid et l’été trop sec : il n’y avait plus de fruit et l’on a eu l’idée de les remplacer par des boules en verre. La tradition est restée vivace dans la région, tous les ans un designer crée un nouveau modèle de boule qui reste secret jusqu’à une certaine date. Les boules rouges sont les plus chère parce que pour obtenir du rouge, il faut un peu d’or dans le verre.
Au retour, nous roulons entre deux ouvrages de la ligne Maginot, un poste de combat, des tourelles de char, des casemates intermédiaires (on dit : d’intervalle). Il y a six ouvrages de la ligne Maginot dans le pays de Bitche, dont le fort Casso, qui a été construit comme on creusait des galeries de mine. Il y avait d’ailleurs près d’ici des mines de gypse jusqu’aux années 50, dont on faisait du plâtre. Le village proche a été construit pour la ligne, il n’existait pas en 1920… A 50 km de là, il y avait une ligne aquatique, pour éventuellement noyer la vallée. La ligne n’appartient plus à l’armée mais à la communauté de communes du pays de Bitche. Nous sommes revenus à Bitche, dominée par la butte de sa citadelle, mais la ville elle-même était fortifiée, nous passons devant une porte d’entrée des fortifications, puis devant l’ancien collège saint-Augustin. La ville a une église catholique, un temple protestant, et une synagogue.
L’après-midi, c’est à nouveau Cédric qui nous accompagne, pour aller au plan incliné de Saint-Louis Arzviller. Il s’agit d’un ascenseur à bateaux construit sur le canal de la Marne au Rhin (314 km, 168 écluses). Dans « la vallée des éclusiers », il y avait 17 écluses pour franchir 100 m de dénivelé, ce qui prenait un jour de navigation pour les franchir ! Avec l’ascenseur, il faut maintenant 4 mn et on économise de l’eau puisque l’on en utilise plus que 40 m cube. Le plan incliné se situe au point culminant du dénivelé, au plus petit passage entre chaque écluse. Il a été construit entre 1964 et 1968 et mis en service en 1969. C’est un bac-écluse qui fonctionne comme une balance, qui avait été conçu pour deux bacs mais le trafic fluvial ayant diminué, on n’a pas construit le second bac. En effet, cette année par exemple, un seul bateau de marchandises l’a utilisé, il fonctionne pour la navigation de plaisance et les touristes. Il est géré par les Voies Navigables de France, (comme le canal du Midi), entre Saverne et Strasbourg, il y a 60 km, 30 écluses, deux jours de navigation. Le plan incliné a la même taille qu’une écluse.
Nous ne pouvons pas l’emprunter parce que le bateau est en panne, mais au moment de partir parcourir la vallée des éclusiers en petit train, un bateau s’annonce et la conductrice du train accepte gentiment de reculer son départ. Nous allons donc au-dessus du plan incliné : le bateau de plaisance arrive sur le canal, il entre dans le chariot-bac (perpendiculaire au canal) qui se déplace le long du plan de haut en bas, et le bateau, arrivé en bas, reprend sa navigation sur le canal. La manœuvre est impressionnante et en même temps sereine, le chariot-bac avec le bateau descend doucement le long du plan incliné, et nous remontons dans le petit train !
On y voit comme le canal a été creusé à flanc de colline, on suit celui-ci sur la voie de halage, et puis le long du bief où se trouvent encore les écluses dont on voit les trois premières. Nous nous arrêtons à la troisième près de laquelle se trouve une serre où l’on cultive des plantes aquatiques.
Au retour, Cédric nous fait un exposé complet sur la ligne Maginot, que l’on ne peut pas visiter en ce moment. Je mettrai mes notes en annexe des notes de ce voyage, car, si nous n’avons vu de la ligne que les bunkers visibles à l’extérieur, le séjour s’est continué par des visites beaucoup plus joyeuses que celles qui rappellent la guerre, en particulier le lendemain…
En effet le mercredi, en lieu et place de la visite de la ligne Maginot, nous partons moins tôt le matin (après quelques tours variés du lac au gré de chacun) en direction du Royal Palace ! Après la longue route habituelle en forêt le paysage se dégage, il est légèrement vallonné et les champs de cultures sont immenses. On traverse quelques villages alsaciens aux maisons à colombages, et on arrive à Kirrwiller. Le Royal Palace est un cabaret, décoration luxuriante à grand renfort de rose bonbon, et nous arrivons dans l’immense salle de restaurant, bon repas en musique bien sûr. Et puis l’après-midi c’est le spectacle, qui conte une histoire mi-écologiste, mi-merveilleuse, avec grands numéros de cabaret (danses aux costumes flamboyants) dans lesquels s’intercalent équilibristes, contorsionniste, trapézistes, dresseuse de perroquets. Après le spectacle, nous allons dans un salon de danse où le cabaret fête ses 45 ans et l’orchestre et les chanteurs permettent à tous de danser.

Au retour, une belle lumière de soleil couchant sublime le paysage, et après le repas, deux chanteurs de variété (un alsacien et un lorrain) offrent encore une soirée sympathique au VVF.





