Pompadour et Ségur-le-Château, 24 mars 2024

par Monique et Christine P.

     Après avoir marché sous un soleil presque d’été la semaine, il fait bien frais à 7 h ce dimanche mais nous sommes 42 au rendez-vous avec Jean-Michel qui nous conduira en Corrèze. Un peu de pluie sur le trajet, et même en arrivant devant l’impressionnant château de Pompadour, mais le soleil va finir par nous accompagner, même s’il ne nous réchauffe pas beaucoup encore. Après avoir quitté les autoroutes, nous nous sommes enfoncés dans la campagne corrézienne : des forêts à l’infini, des étangs, peu d’habitat, des petites routes plus ou moins accidentées avant d’apercevoir la masse imposante du château dont nous allons faire une visite historique puis équestre, puisque Pompadour abrite les haras nationaux.

De la terrasse du château, on a une belle vue sur l’hippodrome, mais notre guide nous parle d’abord d’histoire. Certes, Pompadour évoque pour tout le monde la Marquise ! Mais le nom remonte au Moyen-Âge, où la famille des Lestours possède ce qui est maintenant la Haute-Vienne, Hautefort et Pompadour, symbolisés par son blason à trois tours.
     Le château a maintenant d’imposantes tours rondes, un chemin de ronde qui reste du château médiéval qui était deux fois plus grand (en 1064), des douves sans eau. L’emplacement de l’hippodrome était couvert par une forêt et un étang. Après les Lestours, le château appartient à Geoffroy Hélie, de Ségur, conseiller de trois rois, évêque de plusieurs évêchés, qui va en faire un marquisat. Le château devient un bâtiment plus riche que défensif. Lorsque la famille s’éteint, Louis XV désirant faire de Jeanne Antoinette Poisson sa favorite, il l’anoblit en achetant le titre de Pompadour.

Vase de mariage au couleur de Mme de Pompadour (rose)

L’intérieur du château a abrité les bureaux du haras (royal créé par la marquise) devenu national, mais depuis que l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation dirige le haras, le château est exploité par une association qui en fait un beau lieu de visite, avec les salles XVIII ème meublées, décorées, entretenues par les bénévoles. Les salles consacrées à la Marquise (qui n’y est peut-être jamais venue…) et à Louis XV racontent leur histoire et rappellent que la marquise fut aussi une protectrice des lettres (Voltaire, Diderot, Vauvenargues…) et des arts (Quentin de la Tour). La Marquise de Pompadour est décédée en 1764 d’une maladie pulmonaire foudroyante à 42 ans ; quatre ans auparavant, elle a vendu le château au Duc de Choiseul qui l’échange à Louis XV contre le château d’Amboise ! C’est alors que Louis XV en fait le site des haras royaux.


L’idée ce ces haras venait de Louis XIV et de Colbert : il fallait des chevaux pour l’armée, élevés dans une région où le foin est bon. On a choisi la Normandie (haras du Pin) et le Limousin. Le cheval limousin était un bon cheval de guerre, mais on a cessé de l’élever après les guerres napoléoniennes qui ont tué 12000 chevaux. Dans les années 1980, il y a eu fusion avec Saumur, et Pompadour a conservé la jumenterie de Chignac. Elle élève 70 chevaux dont 20 poulinières ce qui permet une vingtaine de naissances par an, les poulains restent avec leur mère dans les prés, sont sevrés à 7 ou 8 mois après un pré-sevrage d’un mois, sont identifiés et réservés aux courses et aux spectacles pédestres. Nous allons voir quelques chevaux dans les écuries.

Percheron 1200 Kg

Sami, cadeau du roi d’Algérie au président Hollande en 2011

Le restaurant est tout près, le repas excellent, et il fait bien plus chaud que dehors, l’une d’entre nous a un malaise mais les choses s’arrangent et nous partons pour Ségur-le-Château