Visite de Montferrand par Suzanne le 13 novembre 2025 (2)
par Monique , Suzanne et Georges
Dans la rue de la Rodade, on a placé une borne fleurdelisée qui situait autrefois la limite entre la justice de l’évêque et celle des baillis royaux
Un peu plus loin, l’Hôtel Poly ou Hôtel du baillage, la Maison des Consuls (1540), tous les bâtiments sont riches, avec pierres en grand appareil, gargouilles…
L’hôtel Doyac appartenant à un bailli proche de Louis XI, présente un arc en accolade mouluré orné de choux frisés, un tympan dont la sculpture a été martelée, des pilastres à crochets et une cour intérieure.
Nous sommes dans la direction de la place de la Rodade avec sa fontaine des quatre saisons, c’est la rue qui va en direction de Clermont, mais nous revenons vers le centre.
Nous prenons la rue Pierre-Balme, où se situe une maison romane du XIIème, remarquable par ses élégantes colonnettes et chapiteaux.
À la suite, l’Hôtel d’Albiat où un habitant du lieu nous invite gentiment à entrer dans la cour où se trouve un puits, et à côté une cheminée qui permettait de chauffer l’eau des lessives. Une porte à arc brisé est surmontée d’un écu avec une licorne et un moine, et plus haut, on a une Apparition de la Vierge en Gloire, l’ensemble date du XVI ème
L’Hôtel de Lignat, dans la Grande rue du Languedoc, présente des caractéristiques de la Renaissance italienne, avec deux colonnes cannelées à fleurs, des pilastres rectangulaires qui deviennent circulaires au-dessus. Derrière la grille d’entrée qui défend la cour, on voit l’escalier à vis, une tourelle circulaire, au rez-de-chaussée une scène qui semble représenter une Annonciation.
En revenant dans la rue Jules Guesde, une maison présente des fenêtres doubles, grandes au premier étage et plus petites au second, celles du bas présentent une très belle ornementation des armes des Lignat et nous allons jusqu’à la Fontaine aux Lions. La première datait de 1608, elle était située Place de la Fontaine, son arrière était un abreuvoir. En 1687, elle est détruite par des vandales et reconstruite en 1768. Elle comporte trois mascarons et au sommet le lion qui figure sur les armoiries de Montferrand sur lesquelles il est de profil. Sur la fontaine, il est représenté de face.
Par la rue Kléber, nous remontons vers l’église où l’on observe de ce côté cette fois d’autres gargouilles remarquables. Sur le mur est fixé l’étalon de l’aune indispensable à une ville de marchands de toiles. L’Hôtel de Fontenilhes (conseiller au baillage, XVI ème), a une cour avec trois travées, trois galeries, deux corps de logis. L’escalier à vis qui permet la circulation est aussi le lieu de décorations, avec corniches, les lignes verticales étant soulignées par des pilastres intermédiaires. Les chapiteaux des colonnes sont différents à chaque étage. La rampe est décorée d’un écu à chaque niveau.
L’Hôtel Mallet de Vandègre, grand marchand du XV ème, a été donné en dot à la fille du consul. La porte a des sculptures en demi-relief représentant une femme, deux hommes, dont un porte le bonnet infamant des Juifs. Est-ce une représentation de l’épisode biblique de Suzanne et les vieillards ? Et nous sommes devant la Maison de l’Eléphant, qui se trouvait à l’intérieur du rempart du château, habité par un officier de la Comtesse G, et qui date du XII ème, même si elle a été retouchée aux XV ème et XVI ème. On remarque les arcs de plein-cintre et au-dessus du premier étage des arcs jumelés, les chapiteaux aux têtes couronnées, et la peinture d’un éléphant sur le tympan central.
L’Hôtel de la Chantrerie, qui date de la fin du XIIème et qui se trouvait lui aussi à l’intérieur du rempart, appartenait à une famille liée aux comtes d’Auvergne. C’était une école pour les enfants de chœur ; en 1790, elle était habitée par un vigneron. Il y a quatre arcades plein-cintre, à l’étage des arcs brisés avec chapiteaux, un arc brisé divisé en deux lancettes trilobées dont deux sont d’origine.
La Maison d’Adam et Eve a une fenêtre murée. Sur la Grande Rue du château, une belle porte était celle du grenier à sel. Elle conduisait à la salle d’audience où l’on jugeait les fraudeurs de l’impôt sur le sel dont on connaît l’importance dans l’Ancien Régime. Le roi percevait un impôt sur cette denrée indispensable à la conservation des aliments.
Nous sommes revenus près de l’emplacement de l’ancien château et il faut évoquer la Comtesse G, dont on ne connaît que l’initiale de son nom. Le fils de Guillaume VII (fils de Guillaume VI), Dauphin qui est allé habiter à Vodable, a laissé à sa femme la gouvernance de Montferrand, et celle-ci a donné une charte à la ville. Cela permettait à Montferrand d’être une ville relativement indépendante, et nous avons suivi le parcours de la Comtesse G gravé dans le sol des rues. Mais la Comtesse G était lépreuse, elle a délégué la gouvernance de la ville à son fils et s’est réfugiée à la léproserie d’Herbet à la fin du XIIème siècle.
Pour plus d’information :
Alain Tourreau, Monferrand, Arts et histoires d’une ville d’Auvergne, disponible aux Volcans.

















